Fred Bernard en dédicace le vendredi 8 avril!

 Fred Bernard en dédicace vendredi 8 avril à 9e Quai & Momie !

Au menu : exploration, dessins et papotage.

On vous attend nombreux pour plonger dans les aventures de Jeanne Picquigny avec nous !

Fred Bernard est un auteur bourguignon né en 1969, connu particulièrement pour ces albums jeunesse réalisé en collaboration avec François Roca qu’il a rencontré à l’école Emile Cohl de Lyon. Des albums qui ont rencontré un francs succès auprès du public comme de la critique depuis 1996.

C’est en 2003 qu’il publie sa première bande-dessinée, qu’il réalise seul : La tendresse des crocodiles aux éditions Seuil. Le premier tome de la série Les aventures de Jeanne Picquigny, qui connait aujourd’hui 5 tomes réédités dans la collection « Ecritures » chez Casterman. Le cinquième opus de la série, La paresse du panda, a failli ne jamais paraître pour une sombre affaire de droits… En effet, le personnage de Jeanne Picquigny fut créé aux éditions Seuil, mais quand ces derniers ont décidé d’arrêter de produire de la bande-dessinée, Fred Bernard n’a plus pu écrire autour de ce personnage pour des raisons contractuelles. Pendant longtemps Seuil et Casterman n’ont pas pu trouver de terrain d’entente pour les droits de ce personnage. Et c’est finalement en 2012 que la série peut reprendre chez son nouvel éditeur au grand plaisir de l’auteur et des lecteurs !

Lire Les aventures de Jeanne Picquigny c’est se promener sur les branches d’un arbre généalogique fabuleux qui vous fait faire le tour du monde, des années 20 à nos jours, dans un voyage étourdissant, haut en couleur, en sensualité et en découvertes.

Dans cet arbre généalogique on retrouve Jeanne, bien sûr, qui depuis toute jeune a été initiée aux mystères du continent africain par son scientifique de père porté disparu. Elle se lance sur sa piste et met les voiles pour l’Afrique équatoriale des années 20 pour le retrouver. En route, sa sensualité naturelle s’accordera parfaitement à ce nouveau territoire qui s’offre à elle, elle fera la connaissance de celui qui deviendra son amant : Eugène Love Peacock, et se retrouvera entrainée d’aventures en rebondissements tragi-comiques qui lui tourneront les sens, le cœur et la tête.

En parallèle des aventures de Jeanne on fera la connaissance de Lily Love Peacock, dans un ouvrage éponyme, qui se trouve être la petite-fille de Miss Picquigny. Jeune femme désabusée qui prend des cours de chant lyrique pour se distraire, elle a grandi dans une réserve africaine auprès d’un père taciturne. Un peu malgré elle, elle devient mannequin et se retrouve à s’ennuyer ferme dans les suites de grands hôtels et les halls d’aéroports… C’est entre l’écriture de deux vers un peu lestes dans la salle d’embarquement qu’elle fera la connaissance de Rubis Rachmaninov « guitariste-shampouineuse » qui deviendra sa meilleure amie. Ensembles elles monteront un groupe pop-rock, rencontreront un corbeau insistant, un pervers narcissique et une vieille amie de Jeanne et Eugène : Victoire une diseuse de bonne aventure qui parle aux absents…

Les deux destins de ces femmes d’une même lignée convergent vers un vieux manoir bourguignon où l’une avait ses attaches et où l’autre découvre la vie trépidante de son aïeule au travers de centaines de carnets et de micro-films laissé dans l’étrange demeure désormais occupée par Victoire.

A propos de sa série Fred Bernard répond à André, Georges, Edgar et les autres (blog de critiques BD) dans une interview très complète que vous pourrez retrouver en entier sur leur site :

« Avec ses 400 pages, « La paresse du panda » est une fameuse brique. Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser cet album?

Oh, j’ai dû mettre une bonne année. C’est sûr que ça représente beaucoup de travail. Mais ce n’est pas forcément le dessin qui m’a pris le plus de temps. Le dessin, c’est mon métier, c’est ce que j’ai appris à l’école: parfois, cela fait un peu mal à la main quand on dessine beaucoup, mais j’y prends beaucoup de plaisir et cela vient facilement. L’écriture, par contre, me demande un peu plus d’efforts.

Aujourd’hui, on peut donc dire que la série correspond enfin à ce que vous vouliez faire depuis le début?

Avec « La paresse du panda », j’ai effectivement ma base de départ. Cette fois, ça y est: c’est le véritable début de la série.

Le début? Ça veut dire qu’il pourrait y avoir encore 20 tomes des aventures de Jeanne Picquigny?

Oh, même plus que ça ! Dans ma tête, le schéma général de la série est très clair. Je sais déjà tout ce qui va se passer sur plusieurs générations. Tous les coups sont prévus. Je sais notamment ce que je vais raconter sur les mères de Jeanne et de Lili. Je peux déjà vous dire, par exemple, qu’en 1975, la mère de Lili va sortir avec Benny, l’un des deux mecs du groupe ABBA. En fait, c’est un peu comme un grand puzzle: j’ai déjà fait les bords, mais maintenant je dois encore insérer toutes les pièces du milieu. Je ne sais pas quand ce puzzle sera fini ni combien il y aura de pièces, mais je sais à quoi ressemblera l’image finale.

Vous dites que tout est déjà prévu, mais en même temps, on a l’impression que vos albums partent dans tous les sens. Y a-t-il une grande partie d’improvisation dans vos scénarios?

Bien sûr, je fais parfois dire à mes personnages les pensées qui me passent par la tête au moment où je suis en train de réaliser certains pages. C’est ce qui permet aussi à mes albums d’être des reflets de leur époque. J’avance par association d’idées sur une structure qui est rigide par endroits et souple à d’autres. Mais je pense que si vous relisez les 5 premiers albums l’un à la suite de l’autre, vous vous rendrez compte que tout a un sens. Il y des éléments de l’histoire qui ne sont peut-être pas encore tout à fait compréhensibles aujourd’hui, mais que le lecteur comprendra plus tard. […] Je travaille avec des fiches sur lesquelles sont notés tous les titres futurs et tous les éléments que je veux faire vivre à mes personnages. Au fil de mes lectures, j’ajoute des idées à ces fiches, ou j’en enlève d’autres. Je travaille avec des cahiers, parce que je me méfie de l’informatique. »

Fred Bernard répond à son éditeur Casterman :

« Album après album, vous bâtissez un impressionnant récit autour de la famille de Jeanne. Quel a été son point de départ ?

J’avais 32 ans quand j’ai commencé la BD, je cherchais un sujet qui me donne la force d’aller jusqu’au bout. Dès La Tendresse des Crocodiles, Jeanne a un fils, mon but était de construire une histoire courant sur plusieurs générations. Je voulais faire mes Rougon- Macquart vu du côté des femmes, mais attention, je n’écris pas de romans naturalistes comme Zola, je veux que mes lecteurs s’amusent ! En tout cas, je ne me suis pas trompé, treize ans plus tard, j’ai toujours envie de raconter l’histoire de Jeanne, Lily, leurs secrets de famille. Beaucoup d’éléments viennent de ma propre famille ou de personnages que j’ai rencontrés. Pour Jeanne, je me suis un peu inspiré de ma grand-mère… qui s’appelait pareil d’ailleurs. Ce n’était pas une aventurière mais elle a eu une enfance pas banale.

Dans l’univers de vos personnages, le livre occupe une place déterminante…

Mes copains auteurs et moi sommes toujours plongés dans des livres. Internet ne remplacera jamais les bouquins. J’éprouve le plaisir du bibliophile mais je ne suis pas non plus un collectionneur. En revanche, Robert Love Peacock, le père d’Eugène, a une bibliothèque exceptionnelle. D’ailleurs, Eugène commence à en vendre en cachette… quel fils indigne !

Vous parlez de lui comme s’il existait… Vos personnages ont donc leur propre vie ?

Entre deux livres ils me manquent et je suis content de retrouver ma petite Jeanne, Eugène qui me fait marrer… Jeanne me plaît comme je la dessine, pareil pour Lily. Je suis trop attaché sensuellement à mes personnages pour laisser quelqu’un d’autre les dessiner ! C’est ma famille, je les aime, je les trouve poignants. Cela doit être agréable de passer une soirée avec eux.

La sensualité constitue un ingrédient déterminant des aventures de Jeanne. Est-ce pour vous un plaisir de montrer leur sexualité ?

Mes personnages font l’amour, ont des enfants et, oui, j’ai envie de les mettre à poil. Je la trouve belle, Jeanne. Comme les gens, mes personnages ont des libidos plus ou moins développées, certains se passent de sexe, d’autres en sont dingues. Jeanne, elle, est entre les deux. Elle fait pas mal de rêveries érotiques. Quand je mets une scène d’amour, ça n’est jamais gratuit, c’est toujours à un moment où elle produit du sens. Il y a dans mes albums tout ce qui constitue notre vie à tous : des moments sérieux, des moments d’angoisse, ceux où l’on fait les cons, ceux où la chair parle… Mes héros sont humains et tous fragiles.

De manière générale, à côté de vos personnages féminins, vos protagonistes masculins comme Eugène Love Peacock, l’amoureux de Jeanne, font pâle figure. Pourquoi ?

Dans mes histoires, les hommes n’arrivent pas à échapper au poids de la société. Les filles, elles, s’en sortent par la création. Jeanne écrit et filme, Lily chante, écrit aussi. C’était important pour moi de partir des femmes parce qu’on les a mises longtemps sous le tapis. Même si ce n’est pas son but dans la vie, Jeanne brise les conventions, rue dans les brancards. Elle n’a besoin de rien ni personne sauf d’amour. Son seul problème c’est son homme finalement ! Eugène paraît risible et, en même temps, assure quand il le faut. Lily a le même problème avec les hommes que Jeanne. Et pour cause, elles sont avec des boulets, des boulets attachants comme à chaque fois avec les gens paumés. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site de Casterman.

Vous l’aurez compris, nous on est fan de Jeanne, de sa famille et de Fred Bernard ! Et on a hâte de le voir vendredi 8 avril !

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